Derniers Articles
Menu
Art
[Expo] "Steam Up Show"
Culture - Art
Écrit par Lord Orkan Von Deck   

Présentation de l'Exposition steampunk The Steam Up Show jusqu'au 15 Décembre 2014 : l'association Automatus donne carte blanche aux artistes co-éditeur de l'Artbook Steam Up ! Venez retrouvez Elaume, Sâphy, Zimra, Sanoe, Audrey Molittani et Lowenael, qui exposent les illustrations de leur artbook. L'occasion de découvrir l'univers Steampunk à travers les plus belles pin ups jamais dessinées.

L'artbook Steam Up est prévu pour début 2015. Préfacé par Arthur Morgan, il reprendra de nombreuses égéries des cultures de l'Imaginaire, revues à la sauce Steampunk. Chaque illustration sera expliquée et commentée par son auteur, qui explique son choix de personnage.
Un artbook de qualité qui vous permettra d'approfondir vos connaissances, tout en prenant plaisir à admirer les illustrations au travail soigné. Le soucis du détail est l'un des points d'honneur des artistes.

IMPORTANT : le vernissage de l'exposition a lieu vendredi 24 octobre 2014 dés 18h00 chez Bières Cultes, 44 rue des boulangers à Paris. Venez nombreux ! Vous pourrez pré-commander vos art-books qui paraitront début 2015, ou alors acquérir les originaux des illustrations présentées.

 

the Steam Up Show - Exposition Steampunk

Voici une présentation des différents auteurs de l'artbook qui seront présents au vernissage. Liens url vers leurs pages FB.

SANOE : https://www.facebook.com/sanoe.sv

illustratrice jeunesse, coloriste,  je travail actuellement sur mon premier projet BD pour un éditeur, je fait des missions pour une agence de pub, j'ai travaillé pour les éditeurs comme ankama (cafésalé) et les roses bleues, et je créer mes propres livres en auto-édition,  ... Sinon je suis une mauvaise chanteuse, je n’ai aucunes compétences en claquettes mais j’adore mes patates à pattes.



SÂPHY :  https://www.facebook.com/AlexSaphy

Salut à tous! Moi c’est Saphy, humble dessinatrice, amatrice d’univers fantastiques sous toutes leurs formes.  
Quel que soit le genre ou le support, ce que j’aime par-dessus tout est qu’on me raconte une bonne histoire.
Je travaille principalement en tant qu'illustratrice pour la toute jeune compagnie de création de Jeux de rôles américaine « IGRE Publishing ».
Après un bref début de carrière dans le fanzinat, je suis à la recherche de nouveaux challenges.  
En attendant, vous pouvez me retrouver dans mon petit coin d'Internet à procrastiner sur de nombreux fanarts.


ELAUME : https://www.facebook.com/Elaume.Ozlaf

Illustrateur Geek, accro au chocolat et à la myrtille, et toujours à la bourre, je travail actuellement sur un projet BD Steampunk / Fantasy
(avec Arthur Morgan un des co-auteur du guide du steampunk au scénario).
Je débute aussi comme illustrateur / concept artiste pour le cinéma mais uniquement sur de petits projets pour l’instant.
A coté de cela, je fais aussi un peu d’illustration jeunesse (deux projets d’albums en cours) et produit en auto édition des sketchbooks et des artbooks.


ZIMRA : https://www.facebook.com/pages/Rachel-kiri-Zimra/157144287656147

Petite, Zimra aimait beaucoup dessiner, lire, et les Tortues Ninja.
Une fois grande... rien n'a changé, si ce n'est qu'elle a accepté qu'elle ne pourrait jamais épouser Raphael.
Quand elle n'écrit pas des bios, elle fait de la bande dessinée (Mytho, édition Glénat), des illustrations pour des livres ou des magazines (XO, Ankama), et des graphismes pour le jeu video (Machiavillain par Wild Factor).


AUDREY MOLINATTI : https://www.facebook.com/audreymolinattiart

Quand j'étais petite je voulais être une sorcière plutôt qu'une princesse. Je suis devenue illustratrice,et je tente de faire de la magie avec mes crayons. Alphonse Mucha c'est un peu mon merlin l'enchanteur, toujours la pour me guider dans les différents projets graphiques pour Lolita Lempicka, L’ Oréal, Mais une sorcière ça doit être polyvalente donc je fais aussi des animation flash after effect, des logo et des design de monstres pour Fantasy Rivals.
Quand je ne fais pas de magie je voyage à Londres et au japon, et j'adore manger de bon petits plats.


LOWENAEL : https://www.facebook.com/Lowenael

Hello ! Je suis Lowenael,
illustratrice et coloriste BD à temps plein ( que ce soit professionnel ou personnel ) et gameuse quand je lâche ma tablette graphique (...)

 
- Concours Black'Mor Chronicles
Culture - Art

Les Maudits CoverPour Fêter la sortie du Premier Cycle des Black'Mor Chronicles "Sur la piste des Dragons Oubliés" en 1 volume le 02 novembre et le Second Cycle : "Les Maudits" (23 novembre), French Steampunk et les éditions Glénat vous offre la possibilité de gagner un exemplaire des Maudits.

Pour mettre la main sur l'un des 5 exemplaires en jeu, il vous suffit de faire marcher vos méninges et de répondre en commentaire aux deux questions suivantes avant le 23 novembre minuit.

- D'après vous, quel est le nom de la machinerie ci-dessous ?

- A quoi peut-elle bien servir ?

Le sieur Elian Black'mor himself viendra choisir lui-même les 5 meilleures réponses !

les maudits

La réponse :

Orakilum

Tags:
 
- Explorations dans les racines du steampunk français. Exposition 2 : le Surréalisme et les Dada
Culture
Écrit par Selena Chambers   

Correspondances: une série d'explorations au sein des racines du steampunk Français.

Exposition II: Le surréalisme et les Dada

Ce que le progrès peut donner, il peut également le reprendre, comme lors de la première guerre mondiale, quand l'innovation ne servait qu'à améliorer l'efficacité des tueries. Les armes à feu automatiques et de longue portée, les mines, et les armes chimiques tout juste introduites, ont assassiné des millions de jeunes européens, neuf millions jusqu'en 1918, pour être exact. La vie était devenue jetable et la propagande nationaliste a ignoré nonchalamment tous les corps qui se trouvaient sous les drapeaux. Ils trouvèrent refuge dans le Symbolisme – telles les figures de Tristan  Tzara, Francis Picabia, Marcel Duchamp, André Breton, Max Ernst et René Magritte. Plutôt que de rechercher la vraie nature de l'être humain, ils voulurent savoir s'il en restait quoi que ce soit.

LHOOQ, Marc Duchamp
LHOOQ, Marcel Duchamp, 1919

Toute tradition fût jetée aux poubelles aux mains du Dadaïsme. Jusqu'en 1916, la philosophie, l'art et la littérature occidentales furent mises en lambeaux et remplacées par du simple papier, du bois, des collages, des photomontages, des poèmes simultanés et, par Marcel Duchamp et ses poubelles canonisées en tant que « Ready Made».
LHOOQ est non seulement un exemple de ce « Ready Made » - un objet trouvé auquel on donne un second sens au travers de la modification que lui apporte l'artiste, mais il est également représentatif d'une autre et unique caractéristique Dada : l'ironie. En défigurant le visage de l'intouchable Mona Lisa et en la renommant LHOOQ (dont la prononciation signifie « Elle a chaud au cul »), Duchamp questionna la manière dont l'art et la société validaient les concepts.

Avatar pour trombinoscope, Futuravapeur, 2007
Avatar pour trombinoscope, Futuravapeur, 2007

Une partie de cette ironie se retrouve dans le steampunk en France. Mais sa présence sert d'avantage à comparer le présent et le futur, bien loin de l'irrévérence du Dadaïsme. Par exemple, l'humour que Futuravapeur utilise dans son travail n'est que de l'auto-dérision, du second degré. Sur cette avatar, il a juxtaposé son visage sur une gravure classique, pour se relier, lui et son travail du 21e siècle, à la même tradition contre laquelle les Dadaïstes se révoltaient. Dans la série des Maurice Sandalette, il ironise sur la science-fiction, le gothique et les romans policiers, mais il le fait avec amour et appréciation alors que les Dadaïstes l'auraient fait avec mépris.

Machine, Tournez Vite, Francis Picabia, 1916
Machine, Tournez Vite, Francis Picabia, 1916

Tandis que les Dadaïstes détruisaient l'art pour le réinventer avec de nouveaux matériaux, beaucoup d'autres, comme Francis Picabia, se détournèrent de la représentation de l'être humain pour créer de nouvelles icônes de la modernité en utilisant une société mécanique grandissante. Des artistes comme Francis Picabia firent des portraits mécaniques de machines, d'engrenages et de commodités modernes tel l'appareil photo portatif.

 

 

L’oiseau dans un aquarium, Hans Arp, 1920
L’oiseau dans un aquarium, Hans Arp, 1920

D'autres artistes s'écartèrent entièrement de la représentation. Pour ses compositions, Hans Arp se fiait à la chance. Après avoir découpé du papier, il le laissait atterrir au hasard sur la toile. Finalement, sa méthode devint une représentation biomorphique, laquelle finit par incarner le mouvement de l'art pour l'art, d'un art qui raconte sa propre histoire.

 

Bass 1, Chris Anderson, 2011
Bass 1, Chris Anderson, 2011 (?)

Avec Chris Anderson, les concepts du Dadaïsme – le ready made, le sujet mécanique et les compositions aléatoires – s'allient à une esthétique steampunk pour créer des compositions industrielles de rouages, d'engrenages, de chaînes, ou encore de tentacules nageant dans la mer en cuir d'une vieille malle de voyage. Il manipule ces objets ordinaires pour les mettre en sculpture et sur la toile, et joue sur l'esthétique anti-art des Dadas. L'œuvre est ainsi appréciée pour sa propre valeur, ou bien métamorphosée par l'oeil en un paysage marin plus traditionnel.

Holzkauf, Raoul Haussman, 1920
Holzkauf, Raoul Haussman, 1920

Après la seconde guerre mondiale, il semblait que l'être humain fusionnait avec la machine. Les soldats survivants retournaient chez eux avec des plaques et des nez en métal, ou des prothèses de bras et de membres. Des ravages que les Dadaïstes ont illustrés dans leurs œuvres, en fondant le visage ou la silhouette humaine avec un équipement mécanique. Comme ici, Holzkauf (Tête Mécanique) de Raoul Hausmann.

 

Casque d’Ingénieur Impérial I, Futuravapeur, 2007
Casque d’Ingénieur Impérial I, Futuravapeur, 2007

Le Casque d’Ingénieur Impérial I de Futuravapeur ressemble étonnamment au Holzkauf d'Hausmann, mais les éléments mécaniques du casque de Futuravapeur semblent mieux intégrés. Même si le casque n'a pas pour but de devenir une partie du corps humain, il sert néanmoins à l'améliorer, par le biais d'appareils pour la vue et la perception. Bien que son esthétique ait une résonance du dix-neuvième siècle et soit un écho aux préoccupations méca-humanistes des Dada, ce casque met le doigt sur une préoccupation très contemporaine concernant les avancées des divertissements médicaux du trans-humanisme, quand la nanotechnologie rapproche encore plus l'homme de la cybernétique.

 

L'homme au chapeau melon Magritte
L'Homme au chapeau melon, René Magritte, 1964

Les Dada ont dominé le monde pendant dix ans jusqu'à être renversés par les Surréalistes en 1924. Sous le règne d'André Breton, les Surréalistes renoncèrent à attaquer la morale de la société, et, comme les Symbolistes, crurent que la civilisation pouvait être sauvée par des explorations plus internes qui incluaient le nouveau mysticisme du vingtième siècle: la psychanalyse et l'interprétation des rêves.

 

Maurice S’expose chez Kodak, Futurvapeur, 2010
Maurice S’expose chez Kodak, Futurvapeur, 2010

Le Surréalisme était avant tout une philosophie, un style de vie qui manifestait et transmettait ses idées au travers de la peinture, de la photographie et de l'écriture. La méca-imagerie des Dada disparut et fût remplacée par une peinture et une photographie figurative qui étaient hautement symboliques et métaphoriques. Des bribes du dadaïsme perdurent sous la forme des jeux de chance, du biomorphisme (et une once d'anthropomorphisme) et de juxtapositions ou d'associations surprenantes.
L'héritage des Surréalistes au sein du Steampunk Français se voit dans son sens de l'exploration visuelle. Certes, au cœur du Steampunk se trouve l'esthétique du dix neuvième siècle, mais une révolte et un questionnement modernistes sont là, qu'ils soient ironiques ou sérieux.

 

La Poupée, Hans Bellmer, 1935
La Poupée, Hans Bellmer, 1935

En photographie, le corps fût poussé dans ses dernières limites, au stade d'objet poétique. Dans sa série de poupées, Hans Bellmer utilisa des poupées pour construire des portraits extrêmement réalistes de femmes pubères.

 

Le Violon d’Ingres, Man Ray, 1924
Le Violon d’Ingres, Man Ray, 1924

Tandis que Bellmer utilisait des objets pour connoter le corps féminin, Man Ray, lui, transforma le corps féminin en objet. Il utilisa la libre association pour transformer le dos de son modèle en un magnifique corps de violoncelle.

 

La Poupée à la violette, AnXiogène, 2006
La Poupée à la violette, AnXiogène, 2006

Dans ses photographies, Anxiogène combine la préoccupation surréaliste à la beauté féminine comme les poupées de Bellmer, les femmes ne sont pas ce qu'elles semblent être. Dans sa série « Broken Dolls », elle mélange les différentes objectivations de Bellmer et de Man Ray, et crée une image unifiée qui questionne la nostalgie victorienne et le regard omniprésent de l'homme.

 

Reine de Coeur, AnXiogène, 2008
Reine de Coeur, AnXiogène, 2008

Ses images sont magnifiques mais aussi dérangeantes, et je les perçois d'avantage dans la tradition des femmes surréalistes, non pas parce qu' Anxiogène est une femme, mais parce qu'elle n'a pas peur de détruire le corps féminin alors qu'il est toujours vénéré et attendu comme objet de désir.

 

Les 2 Fridas, Frida Khalo, 1939
Les 2 Fridas, Frida Khalo, 1939

Les femmes surréalistes ne furent pas capables de rester longtemps loin des conceptions sexistes, mais leur art leur permit de les explorer, de les contrarier, et de se réinventer en déstructurant leurs expériences de femmes.

 

3 jeunes femmes surréalistes tenant dans leur bras la peau d’un orchestre, Salvador Dalí, 1936
3 jeunes femmes surréalistes tenant dans leur bras la peau d’un orchestre,
Salvador Dalí, 1936

Sujets mis à part, une autre caractéristique marquante du Surréalisme fût son retour à une peinture narrative qui mettait en scène des figurations dans une construction onirique du subconscient. Dans ces tableaux, les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être, et chaque personne, chaque objet, est le symbole d'une histoire globale.

 

Schéhérazade, Sam Van Olffen, 2011
Schéhérazade, Sam Van Olffen, 2011


Cela nous ramène à notre point de départ, Sam Van Olffen, dont les attributs Symbolistes incarnent également ceux des Surréalistes. Les mythes traditionnels sont revisités dans un cadre rétro-futuriste aux implications passées.  

Le Steampunk Français est un mouvement artistique à part entière. En retraçant ses origines, il apparaît évident que ses fondations sont fortes et qu'il ne peut que continuer à se développer.
C'est un futur qui garantit au Steampunk de ne plus être un courant, mais un réel mouvement. C'est un futur auquel j'ai hâte d'assister dans les années à venir.

 
- Explorations dans les racines du steampunk français. Exposition 1: le Symbolisme
Culture - Art
Écrit par Selena Chambers   

Correspondances: Une série d'explorations dans les racines du Steampunk Français.
Par S.J.Chambers

Exposition 1:  le Symbolisme


The Balloon, Puvis de Chavannes, 1870
Le Ballon, Puvis de Chavannes, 1870

Le mouvement Symboliste est apparu pour sauver l'individu du Positivisme, cette philosophie populaire qui exigeait que le monde ne soit explicité et amélioré que par la raison scientifique et la technologie. Comme le décrit le poète Gustave Kahn: «Il est évident que ces gens-là sont seulement à la recherche de ressources, et la source des rêves se tarit.» Tandis que le Positivisme (voir aussi le Réalisme ou le Naturalisme) tentait d'analyser la conscience sociale, le Symbolisme chercha à participer à l'inconscient social par le biais du solipsisme, et explora les illusions, les tabous et la morale spirituelle que le Positivisme essayait d'écarter car inutile dans un monde industriel.

 

The Apparition Gustave Moreau
L'Apparition, Gustave Moreau, 1876

Cela a mené à la création de mondes uniques remplis d'un langage visuel étrange et idiomatique, au sein de leur travail. Les toiles mythologiques de Gustave Moreau abondent en sphinx, licornes, anges, démons et femmes fatales. Ces créatures imaginaires y dansent, galopent, hantent et bénissent des héros sous des cieux diaphanes et une architecture gigantesque.


guardian of the waters
Génie sur les eaux, Odilon Redon, 1878

Odilon Redon évoqua une magie atmosphérique similaire en exploitant un espace positif et négatif pour invoquer des atmosphères qui rejetaient la narration traditionnelle et juxtaposaient des images inattendues pour créer des suggestions visuelles du sujet. Moreau et Redon travaillèrent à créer un monde parallèle dans lequel la vraie nature de l'être humain pouvait être questionnée, discussion que les symbolistes et eux-mêmes voyaient perdue dans un monde naturaliste crée par une société industrielle.
Ce phénomène semble spécifique à la fin-de-siècle, mais les Symbolistes ouvrirent cette conversation sur laquelle les Surréalistes dissertèrent également, ils se concentraient sur le rationnel des rêves, conversation toujours ouverte aujourd'hui, au travers du Steampunk.

 

Jesus War Machine, Sam Van Olffen, 2011
Jesus War Machine, Sam Van Olffen, 2011

Peut-être le meilleur exemple de l'allégeance du Steampunk Français au Symbolisme est le travail de Sam Van Olffen. Comme eux, il a crée un monde unique qui recouvre l'histoire et la mythologie, mais marrie les aspects mystiques à l'iconographie Positiviste de la technologie, juxtaposée à l'esthétique du Second Empire.

 

Babel, Sam Van Olffen, 2011
Babel, Sam Van Olffen, 2011

Alors que, bien entendu, les Symbolistes évitaient d'inclure la technologie dans leur travail, Van Olffen la transforme en mises à jour a-historiques qui réécrivent les légendes et les mythologies Françaises, dans un cadre qui fonctionnerait en 1870 comme en 2070. Les Saints sont toujours présents, mais les bêtes qui se nourrissaient de la nature profonde de l'être humain sont remplacées par des monstruosités mécaniques voraces ou encore des catastrophes.

 

The Triumph of Alexander the Great, Gustave Moreau
Le Triomphe d'Alexandre Le Grand, Gustave Moreau, c. 1885-1892

Ses échantillons graphiques évoquent l'architecture imposante et la mise en scène remplie de compositions dynamiques de Moreau, une étrangeté et un calme dérangeant que l'on trouve chez Redon, surtout quand il opte pour une palette noire et blanche, et réinvente le halo et la « lumière spirituelle » émanant des idoles Symbolistes, en une illumination plus séculaire.

 

L’Annonciation de Saint Michael, by Sam Van Olffen, 2011
Jeanne d’Arc: L’Annonciation de Saint Michael, by Sam Van Olffen, 2011

Sa récente série Jeanne d'Arc est un exemple de premier ordre de l'influence Symboliste à l'œuvre. Bien que la Sainte de Rouen soit entourée de ponts en métal et d'iconographie industrielle, et à des lieues du cadre pastoral que l'on trouve dans La Vision d'Osbert, son troupeau est à portée de main et offre la seule connotation de la fille sans visage au moment de l'Annonciation.

 

Vision, by Alphonse Osbert, 1892
Vision, Alphonse Osbert, 1892

Le mélange mythologique de l'Annonciation et de l'histoire de Jeanne d'Arc démontre également la tendance des Symbolistes à exposer et à construire d'autres niveaux sur une mythologie déjà existante. Il est difficile d'en être sûr, mais cette allégorie pourrait être interprétée comme une Jeanne d'Arc, non seulement martyre d'un Paris qu'elle a sauvé, mais aussi du chemin ardu du progrès historique.

 

 Jeanne d’Arc:  Le Procès, Sam Van Olffen, 2011
Jeanne d’Arc:  Le Procès, Sam Van Olffen, 2011

Dans le Procès de Jeanne d'Arc, la lumière qui s'écoule dans le tribunal consacre et ordonne Jeanne, qui est transformée pendant sa persécution. Non seulement peut-on y voir Dieu touchant la bergère, mais aussi la Nature transcendant la rationalité de la Science. Dans la bataille entre le Positivisme et le Symbolisme, le Positivisme bat le Rêveur, peu importe à quel point elle brille, avec ses armes, ses murs de cité imposants, et son propre troupeau de moutons humains.

 

La tour Eiffel, Louis Welden Hawkins, 1889
La tour Eiffel, Louis Welden Hawkins, 1889

Et bien, cette analyse a fini par être un peu sombre, n'est-ce pas? Apportons un peu de lumière en regardant de plus près le Symbolisme. Tandis qu'il écrivait de la poésie et peignait des allégories pénétrantes pour l'esprit, il récoltait en société les bénéfices que le « progrès » plantait. Grâce au génie civil de Hausmann, le Symboliste, connu pour être un Dandy, appréciait des promenades le long des grands et droits boulevards, s'émerveillait devant la construction de la Tour Eiffel, et s'adonnait à une vie de bacchanales dans les nouveaux cafés et les clubs de nuit.

 

Le Comte Robert de Montesquieu, by Giovanni Boldini, 1897
Le Comte Robert de Montesquieu, Giovanni Boldini, 1897

Malgré le fait que le Symboliste Dandy n'approuva sûrement pas la revitalisation urbaine, il profita néanmoins de chaque plaisir qu'il pouvait tirer de ce nouveau style de vie urbain. Il en profita jusqu'au point de la caricature. Le gentleman que vous voyez au-dessus, le poète Symboliste Robert de Montesquieu, est peut-être l'un des Dandys les plus connus. On dit qu'il fût le modèle de Huysmans pour Des Esseintes, et celui de Proust pour Charlus. Son personnage distingué et sa légende de Dandy ont duré jusqu’à aujourd’hui pour inspirer un des plus grand dandies du Steampunk, Maurice Sandalette.

 

Réclames pour Les Historettes, by Futuravapeur and AnXiogène, 2010
Réclames pour Les Historiettes,
Futuravapeur and AnXiogène, 2010

Les Historiettes de M.Sandalette par Futuravapeur et AnXiogène suivent l'éponyme Dandy lors de ses aventures surnaturelles et comiques, dans un Paris fin-de-siècle, et faisant allusion à la fameuse moustache et à la nonchalance dandy de Montesquieu, comme aux classiques de la science-fiction tel « 20 000 lieues sous les mers » de Jules Verne, ou encore « La Guerre des mondes » de H.G.Wells.

 

Eleonora Duse, photographer unknown, and Sarah Bernhardt as Théodora, by Félix Nadar, 1884
Eleonora Duse, photographe inconnue,
et Sarah Bernhardt dans le rôle de Théodora, Félix Nadar, 1884

Roman daguerréotype, ce « précurseur » du roman graphique utilise les poses théâtrales et les expressions du visage dans chacun des cadres. Les mouvements exagérés me rappellent les portraits daguerréotypes des fameuses actrices de théâtre, Eleonora Duse et Sarah Bernhardt, en costume, et dont la présence énigmatique est parfaitement répliquée par l'assistante de M.Sandalette, Dolly Prann.

 

Les Historettes de Mr. Sandalette, Episode 1, Futuravapeur and AnXiogène, 2010
Les Historettes de Mr. Sandalette, Episode 1,
Futuravapeur and AnXiogène, 2010

Tous ces divers éléments fonctionnent ensemble, pour créer, comme Van Olffen, un monde très distinct, avec ses propres règles, mais sans jamais hésiter à y trouver de l'humour. Néanmoins, ce que j'ai trouvé le plus intéressant dans M.Sandalette, c'est que cet humour n'appartient pas au siècle qu'il satirise. Quand Futuravapeur et AnXiogène saluent respectueusement la fin-de-siècle et les maîtres classiques et spéculatifs comme Verne, Wells et Lovecraft, il perce également une pointe d'ironie, un sens de l'absurdité et une appréciation merveilleuse du jeu qui m'a fait commencer à réfléchir à cette question: y a-t-il de la place pour les Dadas dans le Steampunk?

 
- Exposition rétro futuriste - Julie Guehria
Culture - Art
Écrit par Franckyfreak   


Dans la continuité de son travail sur la lumière, le verbe et l’écriture, GUEHRIA s’interroge sur l’évolution du traitement de l’information en favorisant une expression graphique sensible et abstraite.
En détournant la lisibilité d’un contenu typographique ou calligraphique, l’artiste s’attache à créer un univers rétro futuriste, paradoxalement baroque et numérique.
Clin d’oeil à l’art abstrait, les effets de reliefs physiques (volumes, perspectives…) ou optiques (stéréoscopie, anaglyphe…), incitent le visiteur à explorer plusieurs vues et niveaux de lecture à travers des jeux d’oeilletons, loupes, jumelles ou... webcam
L’utilisation du verbe apparaît dès lors comme une “esthétique du sens”.
Certes, il faut des codes et clés (voire certains accessoires) pour comprendre le message, ce qui rend l’interprétation d’autant plus personnelle, excitante et ludique. Des oeuvres - arrêt sur image - issues des animations vidéo, sont construites sur le principe même « décomposé » de la stéréoscopie (association sur un même support de la vision de chaque oeil).
C’est cette superposition en transparence des deux plans dans l’espace, qui retranscrit cette sensation d’immersion dans un verbe toujours signifiant mais devenu abstrait...
Entre inspirations industrielles, recyclages et hautes technologies, GUEHRIA met en scène verres bombés, cadres «rococo », sculptures lumineuses, projections vidéo et performances d’artistes du spectacle vivant…
La scénographie, parfois interactive, utilise les jeux de symétries permettant de présenter des oeuvres hétéroclites à la manière d’Albert C. Barnes, collectionneur américain majeur du début du XX° siècle.

Entre inspirations industrielles, recyclages et hautes technologies, GUEHRIA met en scène verres bombés, cadres «rococo », sculptures lumineuses, projections vidéo et performances d’artistes du spectacle vivant…
La scénographie, parfois interactive, utilise les jeux de symétries permettant de présenter des oeuvres hétéroclites à la manière d’Albert C. Barnes, collectionneur américain majeur du début du XX° siècle.
Mouvements sociaux, pandémies, conquête spatiale, crises boursières, bouleversements climatiques,... L’actualité extraite de la presse internationale (Le Monde, El Pais, Herald Tribune, New-York Times...) s’oppose, s’associe ou se confond avec les échos, historiettes, potins ou réclames du PETIT JOURNAL, célèbre hebdomadaire dominical français.
Un siècle a passé mais les revendications restent les mêmes…
Témoignage conceptuel et engagé, LE PETIT JOURNAL DE GUEHRIA se propose d’investir de nouveaux espaces, tant pour interpeller ses contemporains que pour partir à la rencontre de nouveaux complices travaillant le verbe et les mots.
Après le Marais (Galerie Noëlle Aleyne), la Japan Expo (Salon des Cultures de l’Imaginaire), LE PETIT JOURNAL, édite son troisième numéro de l’année 2010 aux Trois Baudets, l’historique salle de con­certs parisienne dédiée à la chanson francophone.

Exposition rétro futuriste
Du 14 octobre au 10 novembre 2010
du mardi au samedi de 18h30 à à1h30
VERNISSAGE
le jeudi 14 octobre à 18h30
PERFORMANCES
tous les jeudis de 19h à 22h
LES TROIS BAUDETS
64 bd de Clichy – Paris 75018
Métro Blanche / Pigalle

http://www.guehria.com/

Julie Guehria

 
Plus d'articles...
<< Début < Précédent 1 2 Suivant > Fin >>

Page 1 sur 2