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- Extraits du rieur digeste... Le journal à vapeur de messire Oscar Goth de Munchausen...
Culture - Maxence des Oiseaux
Écrit par Oscar Goth   

Il eOscar Gothst très tôt, ou bien fort tard, à l'heure où j'écris ces quelques mots.

L'astre solaire n'a pas encore manifesté sa présence dans le ciel de cette fin de nuit, ou de début de journée, de fin d'été.
Aussi, croisant les premiers badauds de la journée dans mon quartier, suis-je partagé à l'idée de souhaiter le "bonjour" ou le "bonsoir" à ces matinaux (à moins que ce ne soient d'autres noctambules tels que je le suis), alors mon choix, par précaution, sera de ne leur souhaiter ni le bonjour ni le bonsoir, mais les deux à la fois, ainsi je leur prie "bien le bonjoir"!

De la terrasse d'une aimable gargote qui fit l'objet de mon choix, j'écris ces lignes qui, à n'en point douter, seront les premières d'une colossale œuvre d'anthologie qui bientôt, il y a fort à parier, sera considérée comme le témoignage unique d'un visionnaire modeste mais éclairé par la lanterne d'une conscience rare et d'une humilité pure, lequel rare oiseau de son oisive plume volage aura griffonné, lorsque sonnera l'heure solennelle de poser le point final de cette bible dont les pronostiqueurs les plus chevronnés parlent déjà comme d'un best-seller détonnant, une épatante et unique description des univers de l'au-delà du miroir.

Le choix du commencement est toujours l'heure sonnant le glas d'un syndrome de la blanche page, tout autant que lorsque vient le temps de choisir ses armes pour partir faire la guerre à une toile que l'on désire peindre, l'on se voit accablé de craintes surgissant de toutes parts : et si je n'avais pas choisi le bon pinceau, pas la bonne couleur, la mauvaise main? Troubles bien connus de celui qui se met en phase d'entamer la rédaction d'un roman, d'un courrier, d'une lettre... Soudain s'ouvre la boîte de Pandore et s'en viennent d'horribles indécisions, d'inextricables doutes, dont les ombres demandent à être mises à la lumière de la foi... aussi faut-il à l'homme qui s'y exerce toute la sagesse d'une longue expérience en la matière acquise au fil des ans.... Bref, pas moi!

Aussi jetterai-je par hasard un mot, une idée, couché comme ça sur le papier, et de là commencera ce qui doit commencer pour entrerOscar Goth en matière et pénétrer le vif du sujet qui m'incombe et nous intéresse tous z'et toutes!
ce mot sera euh.. ben "crâne" tiens. Oui! "Crâne"!
Car voyez-vous, l'évolution nous joue des tours. En effet moi, le sir Oscar Cornélius Balthazar Goth de Munchausen ( Oscargoth pour les intimes), ai découvert que la taille du cerveau n'est pas toujours proportionnelle à la boîte qui le contient: il arrive en effet parfois que  l'intelligence se sente à l'étroit dans si petit abri, si étroite caverne. Si si!
Aussi ma cervelle bouillonne-t-elle, enfermée, cloisonnée, écrasée, étouffée sous cette calotte crânienne trop étroite pour contenir toute la masse spongieuse qui s'agite en son for intérieur.
Par les issues de secours que sont les ouïes, la bouche, les narines, les yeux, bref tous les pertuis disponibles à un visage bien fait, semble vouloir s'échapper toute la vapeur qui consume et comprime cet encéphale (encéphale génial -certes- mais qui ne m'accorde guère de repos le coquin!).
Et oui, la vapeur, nous y voilà...

Seul remède aux maux de crâne terribles qui en résultent: la trépanation bien sur, il fallait y penser!
Ah ah ah, je vous y vois déjà, vous vous dites que je suis tombé sur la tête!? Et bien oui, vous êtes ô combien dans le vrai: figurez-vous que je suis tombé tant et si fort sur la tête que le caillou qui heurta violemment mon crâne à l'heure de ma chute, traversa aisément mon cuir chevelu et vint continuer son ouvrage perfide mais salutaire en décrochant de ma tête un morceau de son intégrité osseuse!
Pour sur, je fus sonné sur le coup: je vis apparaitre soudainement une constellation de petites lumières électriques bleutées tourner follement devant mon regard médusé d'astronome du bizarre. "Intéressant, pensais-je, ces étoiles doivent être des fées", cependant je me trouvais alors dans un tel état de choc que penser ceci ne servait à rien et n'était que perte d'énergie pour la science. Alors, ne trouvant rien de mieux à faire, je profitai de cet instant pour tomber dans les pommes, perdant connaissance sans demander mon reste!

Je ne devais me réveiller que bien plus tard, trois épisodes plus tard, dans les bras sulfureux de trois voluptueuses pin-up strip-teaseuses aux queues de sirènes qui chantaient doucement une espèce de litanie ou de berceuse (en réalité des extraits du quantique des physiques quantiques), tout en me faisant boire la tasse bien sur... tasse qui n'était autre qu'une conque remplie d'une eau bénite épatante: de l'hydromel!

Oscar Goth"Qui suis-je? questionnais-je dans un murmure léthargique délirant, qui suis-je?"

J'avais en effet perdu le souvenir de mon nom, mon identité.. Mon égo s'en était allé faire un tour chez les grecs, histoire de s'imprégner je suppose de philosophie antique, laissant là mon enveloppe baignant dans un inquiétant nirvana en lequel je n'étais plus qu'une étincelle du grand "tout" cosmique.
Manque de bol pour l'oubli, et par chance pour la science, au bout d'une seconde qui dura bien cent mille ans, la mémoire me revint de manière fulgurante et me revoilà retombé savant, certes, mais de nouveau lourd et dense, prisonnier d'un encéphale cartésien, lesquels cervelets  ne permettent à mon âme que de rares et vaporeuses envolées vers la légèreté de l'être, à l'heure où je m'accorde le repos du juste, confortablement emmitouflé sous mon édredon... Que voulez-vous, ainsi est la destinée des hommes de science qui, par dévouement tout entier à leur passion, sacrifient leur temps à la recherche du savoir primordial.
Les sirènes s'envolèrent en myriades de gouttes d'eau salée.. ne restait plus dans l'air et en mes naseaux experts que l'odeur du varech et du goémon!

Sachez, chers lecteurs, que depuis ce jour la vapeur s'échappe cycliquement de mon crâne en lequel un pertuis salutaire permet à toute cette pression de ne pas me faire péter la caboche!
Merci au caillou que rencontra mon crâne, comme quoi tout a un sens en ce bas monde, rien n'est anodin ni dû au hasard, car j'ai compris avec cette histoire que même les pierres possèdent un coeur, et que dans le grand théâtre de la vie, les pierres jouent un rôle que l'on n'ose imaginer, les rocs possèdent un coeur... et je finirais la-dite histoire comme elle commença, c'est à dire par ... une chute:
Oui, mes chers ami(e)s lecteurs et lectrices, je vous le dis en vérité, les cailloux sont pavés de bonnes intentions!

C'était Maxence des oiseaux, alias sir Oscar Goth de Munchausen, en direct de lune-part... à vous les studios!