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Gramophone
- Victor Sierra : Interview
Écrit par Professeur Dow   

Le Professeur Dow a contacté le Victor Sierra pour une interview dans le journal du steampunk. Le groupe français le plus connu et le plus influent dans le monde du steampunk s'est consciencieusement prêter à l'exercice et répondu à toutes les questions que se posent les fans.

Victor Sierra

1) Pour vous, qu'est-ce que le Steampunk ?

Commandant Bob :

Le Steampunk est un mouvement esthétique et philosophique basé sur le concept "Et si ?" (en anglais "What if?") Que serait le monde si l'énergie choisie était restée la vapeur plutôt que le pétrole, ou si l'Empire Britannique existait encore, etc. C'est le lieu où personne ne peut mourir. Il n'y a pas de limites à l'imagination, et toutes les pistes sont exploitables artistiquement. C'est une corne d'abondance. En France, le mouvement est encore embryonnaire, mais se developpe rapidement grâce au "Guide Steampunk" d'Arthur Morgan et Etienne Barillier qui est un formidable outil pour débuter dans ce que certains appelle un sous-genre de science-fiction. Je veux ausssi citer ici l'association Steam Rocket qui est la plus importante en France et la plus active. Contrairement au Royaume-Uni et aux États-Unis l'esprit communautaire est un peu absent et empêche le mouvement de se developper plus rapidement. Il est assez ironique de voir que les racines imaginaires du Steampunk sont européennes mais qu'il fleurit surtout de l'autre côté de l'Atlantique.

2) Comment avez-vous connu le Steampunk ?

Commandant Bob :

Quand Big Machine a rejoint Victor Sierra il ya 4 ans, il nous a parlé de Steampunk. Nous n'avions jamais entendu parler avant. Nous avons donc recherché sur Google et tout d'un coup, nous avons découvert que nous n'étions pas seuls, enfin ... Tout semblait si familier pour nous ... La dystopie, les visions "uchroniques", les tenues et engins, le mélange des genres ... La rencontre de la romance et de la technologie. Victor Sierra a été un groupe steampunk depuis le début sans que nous en soyons réellement conscients. Mais je tiens à mentionner que dieselpunk m'attire aussi. C'est ainsi que nous en sommes arrivés à créer le dirigeable Hydrogen Queen - dont je suis le commandant! Je préfère parler de rétro-futurisme. C'est Yesterday's Tomorrow.

Big Machine :

Victor Sierra était un groupe steampunk. Mais ils ne le savaient pas ... En écoutant leurs trucs, quelques mois après les avoir rejoint, j'ai dit à Bob: "Hé ... Toute notre musique est une définition parfaite du steampunk ..." Et les fans ont confirmé.

3) Depuis quand êtes-vous attiré par ce mode de vie ?

Commander Bob :

J'ai toujours été à la marge de la réalité. Là où les choses ne sont pas forcément ce qu'elles paraissent. Une réalité peut en cacher une autre et ainsi de suite. Je parlerais plus d'état d'esprit que de mode de vie. En fait, il suffit de ne jamais admettre la vie telle qu'elle est, de l'imaginer autrement et de tirer ce qu'il y a d'intéressant dans ces réflexions. Et attention, il ne s'agit pas simplement d'onirisme. Un exemple: les "customisations steampunk": pour moi, il est essentiel que ça marche même incomplètement, que ce soit un ordinateur à vapeur, ou un dirigeable atomique.

4) Pourquoi se lancer dans la musique Steampunk ?

The legendary Converted Princess :

Nous ne nous sommes pas lancés dans la musique Steampunk! C'est le contraire qui est arrivé! le Steampunk qui a trouvé Victor Sierra. Notre consécration dans ce monde a eu lieu quand nous avons joué au Steampunk World's Fair aux USA.

5) Comment avez-vous choisi votre nom de groupe ?

Commander Bob :

Victor Sierra est un nom de code provenant de l'alphabet des aviateurs et pilotes de dirigeables. Certains parlent de significations cachées, mais je ne veux pas m'avancer sur le sujet. Les légendes courent si vite...

6) Comment est né le groupe Victor Sierra ?

Commandant Bob :

Anouk et moi avons créé Victor Sierra à la fin du siècle dernier. Nous avons eu plusieurs autres membres dans le groupe, mais personne n'est resté, essentiellement à cause de notre exigence ... Et il y a cette "big picture uchronique" qui est notre univers et que peu comprenaient. Le  processus a été  long et douloureux jusqu'à ce que Big Machine rejoigne le groupe.

The Legendary Converted Princess :

Je n'ai pas de formation musicale classique, sauf pour une reprise d'Edith Piaf : "A quoi ça sert l'amour" réalisé avec Steven Brown (Tuxedo Moon). Je ne savais pas chanter, mais j'avais bien aimé le faire. Ma vraie histoire musicale a commencé quand j'ai rencontré Bob, avec Victor Sierra. Je suis la chanteuse d'un seul groupe.

Big Machine :

Je suis venu après que le groupe ait été formé. Mais j'ai apporté quelques touches industrielles spéciales ... Et ma folie. Je suis un androïde hors de contrôle.

Victor Sierra Banière

7) Qu'est-ce qui vous attire dans le Steampunk ?

The Legendary Converted  Princess :

Permettez-moi de parler du début ... Soudain, tout était là, les vêtements, la musique, les bijoux,  l'univers ...Nous avons été réalisé que nous étions steampunk, un clic sur Google pour comprendre de quoi il s'agissait et nous avons réalisé nous étions au bon endroit, à la maison ...

8) Que pensez-vous de l'idéologie Do It Yourself ?

Commander Bob :

Je suppose que c'est une plaisanterie mon ami! Nous avons toujours tout fait nous-mêmes: enregistrer, mixer pour la musique, Anouk (The Legendary Converted Princess) conçoit et fabrique nos costumes de scène (dont certains accessoires seront en vente sur notre futur site). Nous produisons nos vidéos nous-mêmes également.

Donc le "Do it Yourself", Victor Sierra baigne dedans tous les jours. C'est notre philosophie de vie.

9) Avez-vous été bercé par les œuvres de Verne ou Wells ?

Commander Bob :

Oui, mais pas seulement. Il y a aussi Philip K. Dick, William Gibson et d'autres. Par ailleurs étant de manière plus large inscrit dans le rétro-futurisme, nous sommes autant "Dieselpunk" que Steampunk, donc nos goûts littéraires vont au-delà du XIX° siècle.

10) Qui écrit les musiques du groupe ?

Commandant Bob :

Pour l'instant j'écris toutes les chansons. Ensuite, nous avons le processus habituel de rock 'n' roll. Nous travaillons ensemble, avons des discusssions au sujet des arrangements et des combats sur l'interprétation et la signification des chansons (surtout la Legendary Converted Princess). A la fin toutes les pièces du puzzle tombent en place. Je dois avouer que Big Machine sait adoucir l'atmosphère lorsque les choses se gâtent entre elle et moi ...

11) Comment définiriez-vous la musique Steampunk ?

Commander Bob :

Il n'y a pas de musique steampunk à proprement parler. C'est un esprit, un univers, un mouvement esthétique et c'est très bien ainsi. Nos amis musiciens de Clockwork Dolls, Escape the Clouds ou Hellblinki aux USA, ont tous des styles très différents, de même que Birthrite et Metropolis en Angleterre ou Strange Artifact au Japon. Victor Sierra apparait sur des compilations qui permettent de découvrir le monde incroyablement riche du steampunk.

12) Que nous réserve le groupe dans les prochaines années ?

Commander Bob :

Notre site officiel est en refonte totale et devrait être prêt pour septembre. Si tout va bien, notre merchandising y sera en vente (les accessoires vestimentaires et autres dont je parlais plus haut) ainsi que nos albums et singles.

Je profite de cette interview pour vous offrir un scoop: Nous allons sortir un coffret collector numéroté cet hiver: il y aura toute notre production discographique, accompagnée de surprises et raretés. Restez connecté!

En 2015, nous sortirons un nouvel album dont nous avons commencé la préparation. En ce qui concerne la scène, des projets prennent forme, et notre manager Wendy Creed sera enchantée de parler avec vous (association, club, organisateurs), si vous avez envie de nous voir en live que se soit en France ou à l'étranger.


http://lejournaldusteampunk.blogspot.fr

http://frenchsteampunk.ning.com/profile/VictorSierra

 
- R.I.P Doctor Steel
Écrit par Lord Orkan Von Deck   

Doctor Steel et son nounours - Steampunk

Nous sommes l'été 2009. Il y a 5 ans. Je m'en souviens comme si c'était hier.

Un ami avec qui je partageais plus qu'on aurait pu le croire m'amène à découvrir la formidable communauté steampunk de France. A l'époque, les principaux forums et groupes se formaient sur internet. Cet été 2009, je ressentais la frénésie d'un geek qui avait toujours adoré le steampunk, qui venait tout juste de découvrir un mot pour ce qu'il aimait, mais surtout découvrir qu'il n'était pas seul : cet été là, j'ai rencontré plein de personnes qui aimaient les même choses que moi, et qui m'ont fait découvrir plein de choses que j'ignorais.
Très vite, un créateur américain est devenu à mes yeux le meilleur représentant de la mouvance steampunk. Le Docteur Phineas Waldolf Steel, appelé simplement "Dr Steel"

Doctor Steel propaganda - Steampunk

 

Doctor Steel Show - Steampunk

A travers ses 3 albums de musique, son site, ses nombreuses vidéos (clips, the Doctor Steel Show) et ses nombreuses images de propagandes,

Doctor Steel a marqué grandement l'esthétique Steampunk et rétro-futur du XXI ème siècle.

Le personnage était très finement calibré : un espèce de savant fou aux airs de dictateur mais à la sensibilité enfantine digne d'un film de Tim Burton : un rêveur, un solitaire, un enjoué morbide. Le but du Docteur Steel était de prendre le pouvoir pour que les gens appliquent la seule règle dont ils aient vraiment besoin : s'amuser.

Doctor Steel a très vite compris que le Steampunk n'était pas qu'une simple esthétique, pas même un simple genre ou sous-genre obscure, mais un véritable mouvement. Et ce mouvement, grâce au développement incroyable des internets était un véritable vivier de fans du monde entier à pêcher. C'est chose faite : avec la Toy Soldier Unite, les vaporistes du monde entier pouvaient enfin sortir de leur isolement et se rassembler. En quelques sorte, Doctor Steel a été un des principaux électrochocs de l'émergence de la communauté steampunk.

En 2012, après quelques années d'inactivité, Dr Steel disparait subitement : fin de tous les sites web, suppression du compte facebook. Après 12 ans de création et de structuration du lien resserrant les membres de la communauté, Dr Steel met les voiles pour de bon. Dans une lettre émouvante bien qu'un peu obscure destinée au Commander Jet, chef des fans, il explique que pour des raisons de finance et de créativité mises à mal par des facteurs (et des personnes) extérieures, il décide de quitter pour de bon ce monde. Le Commander Jet créa donc un site d'archives récupérant par tout sur le net les productions du Doctor. Il est désormais possible d'écouter et de télécharger ses musiques. Mais plus jamais nous n'entendrons parler du docteur ...

Doctor Steel Propaganda - Enlist Today ! Steampuk

Le but de cet article n'était pas de vous annoncer la disparition d'un artiste majeur deux ans plus tard. Niveau rapidité de l'actualité, on a fait mieux. Non, cet article a pour seul but de montrer que le Steampunk est un mouvement mur, qu'il a déjà plusieurs générations, et que certaines d'entre elles disparaissent. Malgré les formidables possibilité d'internet, rien n'est immuable, et tout finit un jour par mourir. Les acteurs les plus marquants de notre mouvement finiront très surement un jour par être oubliés.

C'est triste, certes, mais pour finir sur une note positive, on voit que la communauté steampunk / rétro-futur n'a jamais été aussi nombreuse. Des nouveaux membres rejoignent nos réseaux tous les jours. L'esthétique se propage dans tous les médias, le genre prend chaque jour plus de consistance avec de nouveaux créateurs, et le mouvement continue à prendre de l'ampleur (même si on remarque depuis quelques temps un certain gel, une forme de ralentissement). Le Doctor Steel est parti. Il tient maintenant à vous, vaporistes, de prendre sa place.

 

R.I.P Doctor Steel

Vaporistes de tous les pays, unissez vous et conduisez le mouvement !

 

 

 
- Abney Park in Paris : crowfunding
Écrit par Lord Orkan Von Deck   

Chèrs steameuses et steamers,

L'équipe French Steampunk est fière de vous annoncer qu'elle soutient officiellement le projet de la Steam Rocket :

Abney Park in Paris - Steamtour 2014

Faire venir à Paris Abney Park, groupe désormais incontournable dans le milieu du steampunk depuis près de dix ans. En effet, dans le cadre du désormais incontournable Steamtour (qui visite chaque année 3 villes en France), il est question d'organiser un concert à Paris le 26 Avril 2014 et de ramener le fleuron de la musique Steampunk ! Mais tout cela ne se fera pas sans la contribution des fidèles vaporistes de France.

Une opération de Crowfunding a été mise en place sur KissKissBankBank afin de permettre aux généreux donateurs de donner, en fonction de leurs moyens, la somme nécessaire pour permettre à ce super événement d'avoir lieu. Près de 4000€ ont déjà été investis, l'objectif étant d'atteindre 10000€ pour que le groupe puisse traverser l'Atlantique et se produire dans les salles parisiennes.

French Steampunk défend les démarches participatives (comme ce crowfunding) et la création transmédia (comme Abney Park) qui permettent au steampunk et à sa communauté de se développer. Nous ne pouvons donc que vous inviter très fortement à réserver votre weekend du 26 Avril et contribuer à la réussite de ce projet.

Le Crowfunding se termine le 8 mars 2014 à 20h30. Ne perdez pas de temps : faites le tout de suite !

 
- [Interview] The Maxi Monster Music Show
Culture - Gramophone
Écrit par Aymeric Langlois   

French Steampunk a rencontré Geneviève de The Maxi Monster Music Show autour de leur nouveau spectacle mis en scène par Juliette.

Interview The Maxi Monster Music Show


French Steampunk : Commençons par la question la plus triviale, probablement souvent entendue : Vu du côté des artistes, comment définir l’actuel spectacle du Maxi Monster Music Show (MMMS) ? Mélange de concert, de théâtre, d’humour, comment ses auteurs qualifieraient-ils cette créature de Frankenstein ?


The Maxi Monster Music Show : Comme la musique est cœur du projet, on dira que c'est un concert spectaculaire où les musiciens sont des phénomènes de foire du XIXème siècle. Le bonimenteur est une femme à barbe qui mène sa petite troupe dans un train d'enfer… Chaque morceau est construit comme un sketch qui pourrait se suffire à lui-même, mais c'est aussi un fragment qui, associé à d'autres fragments, compose les aventures de la troupe. Un peu comme une série télé, on retrouve les mêmes protagonistes avec un thème musical "le Jingle Show" qui est notre "générique", notre marque de fabrique sonore…

FS : Sur ce même sujet, quel serait le genre représenté par le MMMS, sans  pour autant chercher à trop ranger dans des cases ? Le terme de « cabaret » revient souvent pour en désigner l’ambiance, et pour ma part, c’est celui « d’opérette » qui me vient à l’esprit pour désigner la forme. Qu’en dirait les créateurs ?

MMMS : Nous essayons de créer une nouvelle forme de spectacle et nous nous sentons libre d'explorer toutes les possibilités de formes et de styles pour servir notre propos.
Un mélange hybride d'inspirations musicales et esthétiques. Sans volonté d'exactitude historique, nous explorons notre imaginaire pour créer une parenthèse spatio-temporelle d'1 heure 30 qui oscille entre le second empire et les années 30. Mais parfois aussi nous intégrons des éléments très rock'n'roll typique des années 50.  Nous aimons la collusion et l'anachronisme dans la musique, les dialogues ou les décors et costumes...
Nous jouons avec les codes convenus du spectacle, nous recyclons… C'est un pied de nez à la norme actuelle des spectacles archi formatés… Nous sommes heureux de la diversité des gens qui composent notre public !
C'est également un hommage aux artistes de la rue, aux gens du voyage...

FS : Le MMMS est bien sûr très référencé en ambiances et en thèmes. On pense naturellement à Freaks de Tod Browning, souvent mentionné comme origine du projet, à Elephant Man de David Lynch ; on ressent l’ombre d’artistes tels que Tom Waits ou la vague post-punk… Pour ne mentionner que les plus évidents ! Quelles en seraient les principales inspirations ?

MMMS : Le cinéma noir et blanc, la littérature fantastique du XIXème, les B-movie des années 50, le burlesque, la Belle Époque, les années 20 à 30, le cabaret expressionniste mais aussi des séries TV comme Carnival ou le Muppet Show… L'univers poétique de Burton et Chaplin ou Jeunet et Caro… Les livres Les Monstres de Martin Monestier et De la femme à barbe à l'homme-canon de Stéphane Pajot.

FS : Depuis quelques temps maintenant, on assiste, dans le monde du spectacle – au sens large – à un renouveau de certains thèmes esthétiques : ambiances Belle Époque, victorienne/édouardienne, steampunk et dérivés, cabaret burlesque, etc.

MMMS : Le MMMS est-il issu de ce regain actuel ? Si cela a un sens, quelle serait la position, ou le sentiment, de ses membres vis-à-vis des créations scéniques ou festives issues de ces mouvements ?
Nous avons débuté ce projet en 2007 et avons fait de belles rencontres avec des artistes de la mouvance burlesque et des arts de la rue. En 2010 au Comic Con (Japan Expo) nous avons participé avec la Cie Vatra et l'association French Steampunk au premier stand steampunk avec une installation de tableau vivant créé par la plasticienne Julie Guehria. Nous nous sentons proche du mouvement steampunk qui recycle sans complexe les genres avec une démarche esthétique dont nous apprécions l'élégance et la créativité… Nous aimons particulièrement le mouvement gothique romantique et victorien, l'atmosphère de la Belle Époque mais aussi la rouille, les objets superbement manufacturés qui ont vécus, l'exotisme et l'orientalisme, le mélange de science et de science fiction… La fête foraine est un univers steampunk par excellence, c'était le lieu où le public pouvait découvrir les dernier progrès technologiques (photo, radio, téléphone, cinéma…), du sensationnel (phénomènes humains et animaux sauvages), des grandes mécaniques avec les manèges… Le domaine du merveilleux !

FS : Plus généralement, en tant que troupe d’artistes, quelles possibilités ou quelles inspirations ces thèmes (expositions de monstres, cabarets tamisés, ambiances surannées du XIXe et début du XXe siècle) permettent ou apportent-ils ?

MMMS : C'est un univers onirique et fantasmagorique, où la poésie côtoie le burlesque… Inquiétant, sensuel, bizarre mais où l'humour gagne toujours à la fin !
Un miroir déformant… Pour se voir autrement, s'observer avec un autre point de vue différent… Poser un nouveau regard…
Vous laisserez-vous séduire par notre femme à barbe ?

FS : Il est d’usage de chercher par tous les moyens possibles un sens à une œuvre artistique. Sacrifions donc à l’usage : quel serait le propos, le discours majeur du spectacle du Maxi Monster Music Show ? Éloge de l’altérité ? Apologie de la vie d’artiste ? Fantaisie sur l’illusion et la charlatanerie ? Ou plus prosaïquement, humour pour l’humour et poésie pour la poésie ?

MMMS : Le monstre est une thématique très exploitée dans l'univers du rock (ça serait drôle de faire la liste des morceaux pour faire un karaoké monster !).
Nous aimons les ambiances oniriques, explorer nos peurs enfantines… Notre univers peut être très joyeux et drôle ou au contraire très noir et grinçant, parfois aussi assez coquin mais jamais graveleux, il y a plusieurs niveaux de lecture et d'interprétation. Nous posons certaines questions sur le monde qui nous entoure, sur l'exclusion et la norme… Quelle est la part d'ombre et de lumière en chacun de nous ? C'est à chacun de faire un voyage introspectif et intime, nous ne donnons pas de leçon… C'est aussi une allégorie sur le monde du spectacle où il faut plaire à tout prix…

FS : Chacun des sept membres du Maxi Monster Music Show a, je crois, créé son personnage. Peux tu dire un mot sur celui que tu interprètes, Miss Gabrielle, la femme-tronc, et comment est-elle née ?
Le spectacle pourrait-il seulement exister sans ces personnages derrière lesquels se fardent les interprètes ?

MMMS : Le casting s'est imposé à nous très vite et la distribution des rôles n'a pas été difficile ! Nous avions déjà quatorze ans de route au sein du Maximum Kouette. Nous avons chacun cherché notre "clown", notre "monstre", notre "jumeau maléfique". La thématique des phénomènes de foire est souvent utilisée dans le burlesque, pour nous démarquer nous avons beaucoup travaillé la psychologie des personnages comme dans une série télé ou une pièce de théâtre. On peut imaginer leur vie en dehors du cabaret...
Miss Gabrielle est une femme objet qui vit dans la nostalgie d'un passé supposé grandiose… Je me suis inspirée des "cocottes" de la Belle Époque mais aussi d'actrices comme Yvonne Printemps, Jacqueline Maillant, Alice Sapritch, la danseuse Isadora Duncan et Florence Foster Jenkins, une riche cantatrice américaine célèbre pour son incapacité à chanter avec justesse mais qui galvanisait les foules… C'est un personnage nostalgique de la Côte d'Azur des années folles, des casinos, des palaces…

FS : Le show du MMMS crée déjà, à lui seul, une alchimie de différentes expressions artistiques, musique et théâtre en premier lieu. On a pu voir, avec l’initiative de mettre en place un atelier Dr. Sketchy, les possibilités qu’offre le mariage d’un tel spectacle avec d’autres types de médias. Ce mélange des genres est-il essentiel à l’esprit du spectacle, et te paraît-il aller de soi ?

MMMS : J'avais posé dans le personnage de Miss Gabrielle pour la cession steampunk il y a deux ans et c'est comme ça que j'ai noué contact avec cette équipe d'artistes et stylistes incroyables. J'avais très envie que les autres membres du groupe fassent aussi cette expérience et nous en avons eu l'occasion à l'Alhambra. Nous recherchons les collaborations qui nous permettent de sortir de notre cadre habituel de musiciens… Notre chanteuse dessine également, mais pour une fois, elle était de l'autre côté du miroir ! C'est toujours la magie de la rencontre qui déclenche une collaboration !

FS : Enfin, parlons malgré tout d’aspects plus pragmatiques du spectacle : pourrais-tu dire un mot sur les évolutions qu’il a pu connaître au cours de son existence ?

MMMS : C'est une créature en perpétuelle évolution…  Nous aimerions travailler une formule complètement acoustique pour jouer dans la rue… Faire un film !
Dans nos rêves les plus fous nous embarquons à bord d'une caravane burlesque et steampunk pour sillonner les routes du monde avec d'autres artistes…

FS : Et pour finir : de nouveaux enregistrements en perspective ?

MMMS : L'album sortira le 10 septembre chez tous les bons disquaires (Life Live / Musicast), pour patienter il est possible de se procurer l'EP 5 titres tout l'été après le spectacle à l'Alhambra où nous sommes programmés jusqu'au 28 septembre.
Et qui sait ? Un DVD ?



 
- Concours La Caravane Passe
Culture - Gramophone
Écrit par Arthur Morgan   

Affiche

La Caravane Passe, un groupe aux sonorités festives et aux looks résolument steampunk.
A l'occasion de leur concert de fin tournée organisé au Cabaret sauvage à Paris le 09 Décembre 2012 prochain , French Steampunk et ce drôle d'équipage sont heureux de vous faire gagner 5 places pour embarquer à bord de leur aéronef.
Pour Participer, rien de plus simple. Laissez nous un commentaire sur cette page, le nom des gagnants sera tiré au sort et annoncé le 06 décembre.

jacquette

 
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