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Professeur Etienne
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Étienne Barillier, professeur à Limoges, est un spécialiste de Philip K. Dick et un passionné de Fantômas.

Étienne est aussi (et surtout) l'auteur de Steampunk! l'Esthetique Rétro-futur publié aux éditions les Moutons Électriques. Il nous livre sa vision du steampunk mais aussi ses coups de coeur et parfois coup de gueule.

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- Pourquoi le Steampunk ?
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Etienne   

Pourquoi le steampunk existe-t-il encore ?

En effet, des histoires de dirigeables et de détectives vaporistes auraient pu rapidement tomber dans le stéréotype, dans le cliché, pour s'enfoncer dans les profondeurs d'une littérature de l'imaginaire qui n'a rien à dire. Or, vous le savez si vous êtes ici, le steampunk n'a cessé de revenir, sous une forme ou une autre, sur le devant de la scène.

 

dr grordbort

Cette belle question a été posée à un panel de spécialistes anglo-saxons. Je vous invite à aller lire leurs réponses et revenir par ici ensuite. Je vais commenter rapidement ce qu'ils ont pu dire.

Jeff VanderMeer explique une chose essentielle : le steampunk existe encore parce qu'il a été très souvent moribond ! Il a pu ainsi se développer comme une sous-culture pop extrêmement riche et variée. De plus l'internet favorise le mouvement de pollinisation du genre. Personne n'est isolé, tout le monde peut communiquer autour de sa passion, avec la facilité induite par la mise à jour de son statut sur Facebook… ou sur French steampunk !

Jeff VanderMeer pointe avec raison que ce n'est pas la littérature qui a rendu le steampunk célèbre. C'est la mode, l'artisanat, les activités de fans qui ont donné une épaisseur, pour ne pas dire une chair, au genre. Étrange steampunk, ne trouvez-vous pas ? Et cette variété des genres, qui est le miroir d'une variété de gens, ne cesse de se déployer sans qu'il soit maintenant possible d'avoir une vision cohérente de ce qui est devenu une multitude.
J'avais senti cette difficulté quand j'ai écrit Steampunk ! En effet alors que je rédigeais le livre, je voyais se constituer des groupes, j'ai été le témoin de l'apparition d'artistes qui me semblaient surgis de nulle part et dont la présence semblait bien souvent une évidence.

Jeff VanderMeer évoque finalement un aspect du steampunk dont on a moins parlé, c'est l'aspect politique du genre. Bien évidemment on ne peut pas faire du steampunk une littérature engagée. mais comme toute forme d'expression qui parle de l'homme de la société, il est, même quand il s'agit de la plus microscopique des manières, politisés. De plus, le rapport avec le passé, avec l'histoire, autrement dit la nature uchronique du genre implique un regard sur notre époque. De nature, le steampunk n'est pas de droite ou de gauche. Il est ce que l'artiste en fait.

Je partage très largement son point de vue, vous l'avez compris, en ce que pour lui comme pour moi, le steampunk n'est autre chose qu'une esthétique.

Joe R. Lansdale nous rappelle que ce n'est pas le steampunk qui est important en soi, mais bel et bien l'histoire racontée ! L'évidence doit être rappelée pour ce qu'elle est : la meilleure défense en ce qui concerne les littératures dites de l'imaginaire. N'oubliez pas qu'un livre steampunk est avant tout un livre, et qu'un bon livre steampunk est un bon livre !

Gail Carriger précise que le steampunk n'est pas resté un genre littéraire. Il suffit de regarder l'actualité de ce site pour se rendre compte du foisonnement des initiatives et leur variété. Tous les tous les arts créatifs sont touchés et contaminés. Quel que soit notre goût, nous sommes maintenant en mesure de trouver un steampunk qui nous plaise. Mazette !
Elle fait également le lien avec la politique, rattachant même le steampunk à une tendance écologiste. Elle fait le lien entre le chaos de notre époque moderne et l'évocation d'une société où tout est encore en train d'être inventé, une société victorienne policée, raffinée, élégante (ou du moins en apparence). L'idée est séduisante, mais j'ai du mal à la suivre jusqu'à son terme parce qu'elle semble déboucher sur l'idée que le steampunk serait une forme de consolation. Or je pense qu'il est avant tout une jouissance. Mais développer cette idée nous emmènera bien trop loin et je vais la ranger pour une prochaine chronique.

Ce que je retiens c'est que nous sommes en définitive dans une position aussi risquée enthousiasmante. Le steampunk popularisé, va être commercialisé. Mais à mesure que ce mouvement d'affadissement par la consommation de masse aura lieu, il donnera une plus grande lisibilité à des artistes qui nous préparent de beau retour vers le passé.

 
- Une série TV steam ?
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Etienne   

Nous avons eu droit à une splendide évocation du steampunk dans la dernière saison de Castle.

Nous connaissions des séries comme The Secret Adventures of Jules Verne ou bien évidemment Riese.

Nous nous souvenions des Mystères de l'ouest ou des aventures de Brisco County Jr.

Nous avons souvent eu des citations visuelles dans Warehouse 13. D'ailleurs c'est par le biais de ces dernières que j'ai découvert la série. Regardez les accessoires utilisés, notamment les créations de Datamancer

Et c'est de cette dernière que va peut-être surgir la première série steampunk sur une grande chaîne américaine...

Warehouse 13, c'est le treizième entrepôt utilisé pour la conservation des artefacts qui surgissent depuis la nuit des temps, des objets si puissants et dévastateurs qu'il faut les cacher afin qu'ils ne tombent pas dans de mauvaises mains. C'est la mission de nos héros Pete Lattimer (Eddie McClintock) et Myka Bering (Joanne Kelly). La série est familiale dans le ton, mais comporte toujours quelques moments geekiens qui emportent le morceau.

Warehouse 13Dans la dernière saison, ils ont dû affronter l'infâme H. G. Wells... qui est une femme ! Helena Wells (l'anglaise ) est la sœur de l'écrivain, qui piochait dans ses aventures les idées de ses romans. Wells avait travaillé pour l'entrepôt avant de tourner du côté obscur et d'être congelée avant de revenir se jeter dans les pattes des agents de l'entrepôt 13. (Je résume à la truelle, mais là n'est pas le propos.)

Warehouse 13 est actuellement la série qui marche le mieux sur SyFy. il est donc cohérent que la chaîne cherche à exploiter le filon, en créant une nouvelle série centrée sur le personnage de Wells. Et on retrouverait ses aventures, travaillant pour l'entrepôt 12, à la fin du XIXe siècle ! Les créateurs de la série originale, Jack Kenny et Bob Goodman, sont toujours aux manettes. Ce n'est encore que le stade du développement de la série, qui n'a d'ailleurs pas encore de titre officiel.

Néanmoins... Une série d'aventure se déroulant au XIXe avec une technologie rétro-futuriste ? Qui n'en voudrait pas ?

Qui n'en voudrait pas ?

L'accélération autour du steampunk est désormais sensible. Préparez-vous au déferlement. Il s'agit certainement d'une bonne chose, et je ne vous ferai pas l'injure de dire que je préfère que le steampunk reste dans un guettho pour pour happy few. Au contraire je pense que même s'il faudra faire le tri dans tout ce qui va nous parvenir, le bouillonnement à venir risque de donner la parole à des artistes qui vont nous faire pétiller les neurones.

LES REVENANTS DE WHITECHAPELJe termine par quelques bonnes nouvelles. Le premier volume des enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes, Les revenants de Whitechapel, de Georges Starck-Mann va sortir en juin chez Eclipse. Il est traduit par Pierre-Paul Durastanti, gage de sérieux et de qualité.

En juillet sortira, toujours chez Eclipse, la suite de Boneshaker, Clementine. Le roman est très différent du premier. Nous sommes dans une course-poursuite en dirigeable à travers les États-Unis. Cela devrait vous surprendre après le presque huis-clos du premier volume. Cherie Priest a ainsi su faire évoluer sa série en explorant le monde dont nous avions finalement qu'un bref aperçu dans Boneshaker.

Steampunk BibleJe suis sinon en train de lire la Steampunk Bible de Jeff VanderMeer. L'objet est sublime, avec une couverture rigide, des images en couleurs qui illustrent presque chaque page. Un splendide écrin pour un texte de référence.

Il se trouve très facilement en France. Vous devriez l'acheter, même si vous lisez peu ou mal l'anglais : il fera honneur à votre bibliothèque !

 

http://youtu.be/oVrZE5Y2lV4
 
- Uchronies déviantes
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Etienne   

VictoriaEclipse nous propose deux romans qui se placent dans les limites du steampunk. Ils sont, disons-le proprement, complètement barrés dans leurs sujets et ne peuvent par conséquent qu'intéresser les esprits curieux qui fréquentent ces pages.

 

Parlons donc de Abraham Lincoln, chasseur de vampires de Seth Grahame-Smith et Victoria, Reine et Tueuse de Démons de A. E. Moorat. Alors que Orgueil et préjugé et zombies de Seth Grahame-Smith avait passé à la sauce zombie le classique de Jane Austen, nous franchissons un pas supplémentaire dans le délire organisé avec ces deux textes.

 

Ces deux romans adoptent la même démarche : prendre un personnage historique, iconique et connu de tous, et révéler sa "réelle" biographie en y ajoutant tous les éléments horrifiques possibles.

 

Nous relisons donc la vie de Lincoln, et découvrons une existence totalement vouée à la destruction de la gent vampirique, nous suivons Victoria, tueuse de démon. En France nous pourrions avoir un de Gaulle exterminateur de vampires nazis, un Danton en lutte contre des zombies, etc. Vous comprenez le principe. Ce n'est même plus du mauvais genre, nous dépassons le mauvais goût, nous atteignons une forme extrême de littérature du clin d'œil.


Lincoln

L'uchronie est des plus ténues, bien sûr. Il s'agit de se glisser dans la vie du personnage et expliquer son existence d'une autre façon.


Le plaisir coupable de la lecture est de se laisser emporter par le talent de l'auteur alors qu'il sollicite à plein régime notre capacité à accepter le grotesque de son postulat de base. Dans ce cas, oui, ces romans ne sont pas pour tout le monde. Si vous êtes trop cartésien, si l'idée initiale ne vous fait pas sourire, passez votre chemin.


Humour façon gore, mœurs déviantes, action et rebondissements, nos deux auteurs connaissent leur affaire. D'ailleurs là réside la principale critique, le lecteur peut parfois avoir l'impression de voir les ficelles narratives et sentir les techniques d'écriture. Mais le rythme emporte le tout. L'humour oscille entre le grave et le délire organisé. On en sort un peu étonné et groggy d'avoir eu entre les mains de tels objets iconoclastes et surprenants.


Du steampunk, maintenant ! Surveillez vos libraires de près ! Le 22 avril va sortir la traduction française du catalogue délirant de la société Weta (oui, celle du Seigneur des anneaux !) : le Dr. Grordbort presents : Victory chez Milady (22 euros). Je pourrais vous en parler longtemps, mais je crois qu'une image vaut mieux qu'un long discours.

Allez voir :


PS.: C'est avec beaucoup de joie que j'ai appris la nomination de mon livre Steampunk ! pour le Grand Prix de l'Imaginaire 2011. Il va sans dire que cela me fait rosir de plaisir.

 
- Les Voies d'Anubis
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Etienne   

Les Voies D'AnubisDes romans de K. W. Jeter, Tim Powers et James Blaylock, Les Voies d'Anubis a été le plus récompensé, avec entre autres le prix Locus et le Philip K. Dick Award. Le roman bénéficie d'une traduction française, est disponible en poche. Vous en avez déjà forcément entendu parler. Alors qu'attendons-nous ?

Les Voies d'Anubis raconte les mésaventures d'un universitaire américain, Brendan Doyle, qui accompagne un groupe de touristes temporels en route pour assister à une conférence de Samuel Coleridge, à Londres, en 1810. Bien évidemment il va se retrouver bloqué dans le temps, incapable de rejoindre son époque et victime d'une série de rencontres toutes plus rocambolesques les unes que les autres.

Ainsi il affronte aussi bien la bande des mendiants de Londres, dirigée par un clown sur échasses, l'infâme Horrabin, que des sorciers égyptiens, bien décidés à modifier le cours de l'histoire afin de rendre à l'Égypte sa gloire éternelle.

Et un loup-garou.

Du steampunk ? Pas vraiment. Un peu. Il est certain que le lecteur qui lira le roman pour y chercher l'intuition géniale d'un genre à venir sera déçu. Et pourtant nous retrouvons de nombreux éléments qui seront steampunk.

  • Nous avons un récit uchronique. Coleridge, Byron sont présents.
  • Le récit pratique allégrement le mélange des genres. Nous passons de l'horreur des monstres qui peuplent les bas-fonds de Londres, produits abject des expériences ratées d'Horrabin, au fantastique du loup-garou et de la magie égyptienne, pour rejoindre le roman d'aventures des combats à l'épée et des courses poursuites effrénées. Avec un zeste de science-fiction pour accommoder le tout.
  • Et l'humour, bien sûr. Le récit est souvent drôle, avec une mention spéciale pour la magie et ses ratées. En outre il comporte de nombreux clins d'œil, comme le bateau baptisé le Blaylock, et surtout la personne même du poète William Ashbless, invention commune de Powers et Blaylock qui date de leurs années d'université et de leur goût pour le canular littéraire (en anglais, lisez cet article qui illustre l'histoire du canular).
  • Par contre ne cherchez pas de machines gigantesques, ni de dirigeables, ni de technologies basées sur la vapeur ! D'une certaine façon, le roman nous rappelle que le steampunk n'est pas que cela...

Ce qui annonce  le steampunk, c'est la manière à la fois brillante et nonchalante avec laquelle Tim Powers mélange ces genres. Il ne s'encombre pas de justifier les paradoxes temporels, il ne cherche pas à nous faire comprendre les subtilités de son uchronie, ni à justifier la présence de magie. Tout est dédié au rythme du récit et au sens de l'aventure.

Et cela fonctionne parfaitement.

Je profite du temps qui me reste pour vous parler du Géographie de Sherlock Holmes, écrit à quatre mains par André-François Ruaud et Xavier Mauméjean. Il s'agit d'un superbe voyage illustré dans le Londres de Holmes. Les documents iconographiques sont de toute beauté et devraient satisfaire tous les amateurs. Maintenant vous savez quoi faire de l'argent que vous a donné votre vieille tante pour vos étrennes. N'hésitez pas à le commander directement chez l'éditeur, cela ne peut que les soutenir à se maintenir dans une telle voie de l'excellence.

 
- Des noms du steampunk
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Etienne   

J'allais vous parler des franges du steampunk les plus méconnues, celles allant de l'hommage le plus improbable à un érotisme parfois un peu surprenant. Autrement dit, j'allais m'amuser et j'avais la ferme intention de vous amener avec moi.

Et voilà qu'Eclipse a eu la très bonne idée de publier la traduction d'un petit texte de l'auteure américaine Cherie Priest (vous pouvez consulter la version originale ici). Je vous laisse le temps de la lire et nous reprendrons juste après.

Le steampunk n'a jamais été théorisé. Jamais. Le cyberpunk, lui, l'a été dès sa naissance par les auteurs mêmes qui l'ont fait naître et mourir. La nuance est extraordinaire. Le cyberpunk s'est positionné radicalement, aussi bien d'un point de vue idéologique qu'esthétique. Il a bouleversé la manière même d'écrire de la science-fiction en lui injectant une dose furieuse et électrique de modernité. On pourrait aller jusqu'à dire que tout est dans la première phrase de Neuromancien de William Gibson, "Le ciel au-dessus du port était couleur télé calée sur un émetteur hors service."

Du côté du steampunk, nous avons trois jeunes écrivains californiens — Jeter, Blaylock et Powers —  qui ont écrit leurs romans et qui sont passés à autre chose. Ne parlons pas d'intuition géniale ni de découverte extraordinaire. Le steampunk existait avant qu'ils ne le nomment. Mais ce nom a tout changé. D'un seul coup, on a pu dire "Mais... c'est du steampunk !" sans vraiment se poser la question de ce que recouvrait le terme.

Pourquoi ? Parce que le nom claque et qu'il permet de sentir immédiatement de quoi on parle.

Mais ce n'est qu'un nom. Ce n'est que cela. Pour ne pas être trop long, je remets à plus tard une discussion nécessaire sur ce qu'est le steampunk au sens strict. À ce moment nous pourrons nous casser les dents sur le fait que Les Voies d'Anubis, premier véritable roman steampunk comporte de la magie... Revenons pour l'instant sur les noms du steampunk.

Après son baptême, le steampunk a poursuivi sa vie et, fidèle à sa nature profondément mobile et fluide, il s'est sans cesse adapté, à mesure que de nouveaux artistes ne cessaient de le réinventer. C'est pour cela que le steampunk peut être victorien (ou édouardien), qu'il peut se dérouler dans une Belle Époque francophone ou dans les États-Unis de la guerre d'indépendance. C'est pour cela qu'il peut emprunter sans vergogne des éléments et des codes de la fantasy, du merveilleux, de la science-fiction et du policier. Avec le steampunk nous sommes à la croisée des chemins ; de multiples perspectives s'ouvrent à nous sans qu'aucune ne soit exclusive à l'autre.

Cherie Priest formule une synthèse assez élégante de tout cela :

Eh bien, je ne pense pas qu’il soit vraiment nécessaire de tout catégoriser, mais si vous y tenez vous avez le stitchpunk, le dieselpunk, le gaslightpunk, le steamgoth et bien d’autres variantes. Mais je pense sérieusement que tout cela tombe dans l’escarcelle du steampunk.

Décodons :

  • stitchpunk : le punk de la couture. Pensez au film 9, aux univers de Tim Burton (avant la Planète des Singes, quand il faisait encore des films), ajoutez les yeux de Coraline et voilà comment la manie de nommer peut créer un sous-sous-genre.
  • dieselpunk : Prenez le steampunk et jetez-le dans un univers de l'après-guerre (la deuxième, bien sûr). Nous sommes en plein rétrofuturisme, Dan Dare et Flash Gordon doivent courir dans un coin. Pensez alors au film Captain Sky et le monde de demain et vous y êtes. Le dieselpunk est à mes yeux le seul genre que l'on peut différencier intelligemment du steampunk.

 

Sky Captain 9

  • gaslightpunk : Le terme m'étonne. Est-ce une variation du gaslight romance de John Clute (Encyclopedia of Fantasy, 1997) ? Pour lui, il s'agit d'une forme de l'urban fantasy à distinguer du steampunk historique car ne reposant pas sur un anachronisme technologique. Il la définit comme mélancolique, une littérature du crépuscule et du brouillard. Il cite en exemple Anno Dracula de Kim Newman (1993).
  • steamgoth : nous dépassons le sous-sous-genre. Disons un cocktail composé d'une dose de goth pour deux de steampunk (servir agité mais non frappé). De mon point de vue, le terme vient d'une réappropriation de l'esthétique steampunk par la communauté goth.

Doctor Who Coraline

  • On pourrait ajouter le clockpunk, où le point de déviance avec notre histoire est une technologie basée sur le rouage et l'horlogerie, un bel exemple étant l'épisode "The Girl in the Fireplace" de Doctor Who (bande annonce). Sans oublier d'évoquer l'atompunk (oui, Mad Max 2, parce qu'en terme de post-apocalyptique cinématographique, on n'a toujours pas fait mieux).

Deux possibilités s'offrent à nous alors. Soit nous nommons chaque itération, dans un mouvement frénétique d'identification et de codification. Soit nous restons sur le terme steampunk, que nous utilisons alors dans sa pleine valeur générique. Bien évidemment cela ne nous empêchera pas de nous disputer entre personnes de bonne volonté sur les valeurs et mérites de telle ou telle classification. Mais ce ne sera qu'un jeu entre gentlemen, c'est-à-dire suffisamment vain pour être pris avec sérieux, et suffisamment sérieux pour être pris avec légèreté.

 

PS.: Revenons à Cherie Priest quelques instants. Je ne vais pas faire ici la critique de son roman, il n'en a pas besoin. Par contre je vais vous donner trois raisons pour lesquelles vous devez absolument l'acheter.

  1. Tout d'abord son approche du genre est revigorante. L'action se déroule à Seattle, à la fin du XIXe. Il mêle joyeusement zombies, duels entre dirigeables et s'affirme comme un grand roman d'aventure. Rien que cela devrait changer pas mal de vos conceptions du steampunk. Nous sommes loin de l'Europe mais bel et bien plongé dans une jeune Amérique en pleine déliquescence.
  2. Ensuite c'est un roman dont les personnages fonctionnent parfaitement. La mère, pleine de blessures et de silence, le fils, adolescent rebelle sont les deux héros d'un texte entièrement construit autour d'un secret familial. Le livre alterne les points de vue alors que l'une est à la recherche de l'autre, les révélations se succèdent et nous profitons du circuit façon grand huit.
  3. Enfin, ce roman est publié par une maison d'édition qui se lance dans l'aventure d'une collection portant le label steampunk. Mince. Les livres ne sont pas chers, et Boneshaker vous promet quelques belles heures de lecture. Et en plus vous aurez un livre qui porte la mention steampunk sur la tranche. Que demander de plus ?
 
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