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Étienne Barillier, professeur à Limoges, est un spécialiste de Philip K. Dick et un passionné de Fantômas.

Étienne est aussi (et surtout) l'auteur de Steampunk! l'Esthetique Rétro-futur publié aux éditions les Moutons Électriques. Il nous livre sa vision du steampunk mais aussi ses coups de coeur et parfois coup de gueule.

Professeur Etienne
- Tout le Steampunk !
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Lord Orkan Von Deck   

Le 22 octobre 2014 sortira le tout prochain ouvrage du Professeur Etienne*, en collaboration avec Raphaël Colson* (Retrofutur) pour Les Moutons électriques. Tout vaporiste qui mérite ce qualificatif devra se ruer vers sa librairie de quartier pour récupérer ce nouveau must-have. En exclusivité pour French Steampunk, quelques informations de l'éditeur.

 

André François Ruaud (Les Moutons électriques) : "Tout le steampunk!" va être un énorme bouquin de 400 pages, entièrement en couleur, et non pas une simple réédition de notre ancien "Steampunk!" que les vaporistes connaissent très bien. Il s'agit vraiment de textes entièrement refaits et d'une nouvelle iconographie. Cette fois les deux auteurs (avec l'aide aussi d'Arthur Morgan*) parcourent la totalité du steampunk et du rétro-futurisme, des origines à nos jours, aussi bien en littérature qu'en jeux, cinéma, images, mode, etc. la présentation du livre sera très belle, car outre qu'il est tout en couleur, avec un habillage cuivré spécialement conçu par notre graphiste Melchior Ascaride* (lui-même très fan de steampunk, ça tombe bien !). Le volume sera cartonné, avec motif embossé dans la 1ère de couverture et dos toilé, le tout sous une jaquette couleur. La couverture est quant à elle réalisée par Futuravapeur*.

Tout le steampunk - Barillier Colson - Moutons Electriques

* NDLR : Gage de qualité

 
- Greg Broadmore à Yverdon
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Etienne   

La Maison d'Ailleurs, à Yverdon (Suisse) a accueilli Greg Broadmore cette année.

Greg Broadmore

Il s'agit de l'exposition que présente à son tour les Utopiales nantaise.

Pour les impatients, pour ceux qui ne la verront pas, quelques instantanés : des tableaux, des sculptures, du gibier, de l'humour et des guns !

 

 

Greg Broadmore

La première salle donnait le ton. De l'humour, de l'action, beaucoup de rétrofuturisme et un travail sur toile là où certains s'attendraient à du Photoshop !

Greg BroadmoreGreg Broadmore

Greg Broadmore

Des sculptures également, toujours dans le même univers. Notez le sens du détail des cadres !

Greg Broadmore

Greg Broadmore

Greg BroadmoreGreg Broadmore

L'homme et son tableau de chasse intergalactique !

Greg BroadmoreGreg Broadmore

Greg Broadmore

Pour le plaisir des yeux, quelques détails. La qualité de fabrication et de finition est hallucinante.

Greg BroadmoreGreg Broadmore

Greg BroadmoreGreg Broadmore

Greg Broadmore

 
- Pourquoi le Steampunk ?
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Etienne   

Pourquoi le steampunk existe-t-il encore ?

En effet, des histoires de dirigeables et de détectives vaporistes auraient pu rapidement tomber dans le stéréotype, dans le cliché, pour s'enfoncer dans les profondeurs d'une littérature de l'imaginaire qui n'a rien à dire. Or, vous le savez si vous êtes ici, le steampunk n'a cessé de revenir, sous une forme ou une autre, sur le devant de la scène.

 

dr grordbort

Cette belle question a été posée à un panel de spécialistes anglo-saxons. Je vous invite à aller lire leurs réponses et revenir par ici ensuite. Je vais commenter rapidement ce qu'ils ont pu dire.

Jeff VanderMeer explique une chose essentielle : le steampunk existe encore parce qu'il a été très souvent moribond ! Il a pu ainsi se développer comme une sous-culture pop extrêmement riche et variée. De plus l'internet favorise le mouvement de pollinisation du genre. Personne n'est isolé, tout le monde peut communiquer autour de sa passion, avec la facilité induite par la mise à jour de son statut sur Facebook… ou sur French steampunk !

Jeff VanderMeer pointe avec raison que ce n'est pas la littérature qui a rendu le steampunk célèbre. C'est la mode, l'artisanat, les activités de fans qui ont donné une épaisseur, pour ne pas dire une chair, au genre. Étrange steampunk, ne trouvez-vous pas ? Et cette variété des genres, qui est le miroir d'une variété de gens, ne cesse de se déployer sans qu'il soit maintenant possible d'avoir une vision cohérente de ce qui est devenu une multitude.
J'avais senti cette difficulté quand j'ai écrit Steampunk ! En effet alors que je rédigeais le livre, je voyais se constituer des groupes, j'ai été le témoin de l'apparition d'artistes qui me semblaient surgis de nulle part et dont la présence semblait bien souvent une évidence.

Jeff VanderMeer évoque finalement un aspect du steampunk dont on a moins parlé, c'est l'aspect politique du genre. Bien évidemment on ne peut pas faire du steampunk une littérature engagée. mais comme toute forme d'expression qui parle de l'homme de la société, il est, même quand il s'agit de la plus microscopique des manières, politisés. De plus, le rapport avec le passé, avec l'histoire, autrement dit la nature uchronique du genre implique un regard sur notre époque. De nature, le steampunk n'est pas de droite ou de gauche. Il est ce que l'artiste en fait.

Je partage très largement son point de vue, vous l'avez compris, en ce que pour lui comme pour moi, le steampunk n'est autre chose qu'une esthétique.

Joe R. Lansdale nous rappelle que ce n'est pas le steampunk qui est important en soi, mais bel et bien l'histoire racontée ! L'évidence doit être rappelée pour ce qu'elle est : la meilleure défense en ce qui concerne les littératures dites de l'imaginaire. N'oubliez pas qu'un livre steampunk est avant tout un livre, et qu'un bon livre steampunk est un bon livre !

Gail Carriger précise que le steampunk n'est pas resté un genre littéraire. Il suffit de regarder l'actualité de ce site pour se rendre compte du foisonnement des initiatives et leur variété. Tous les tous les arts créatifs sont touchés et contaminés. Quel que soit notre goût, nous sommes maintenant en mesure de trouver un steampunk qui nous plaise. Mazette !
Elle fait également le lien avec la politique, rattachant même le steampunk à une tendance écologiste. Elle fait le lien entre le chaos de notre époque moderne et l'évocation d'une société où tout est encore en train d'être inventé, une société victorienne policée, raffinée, élégante (ou du moins en apparence). L'idée est séduisante, mais j'ai du mal à la suivre jusqu'à son terme parce qu'elle semble déboucher sur l'idée que le steampunk serait une forme de consolation. Or je pense qu'il est avant tout une jouissance. Mais développer cette idée nous emmènera bien trop loin et je vais la ranger pour une prochaine chronique.

Ce que je retiens c'est que nous sommes en définitive dans une position aussi risquée enthousiasmante. Le steampunk popularisé, va être commercialisé. Mais à mesure que ce mouvement d'affadissement par la consommation de masse aura lieu, il donnera une plus grande lisibilité à des artistes qui nous préparent de beau retour vers le passé.

 
- Une série TV steam ?
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Etienne   

Nous avons eu droit à une splendide évocation du steampunk dans la dernière saison de Castle.

Nous connaissions des séries comme The Secret Adventures of Jules Verne ou bien évidemment Riese.

Nous nous souvenions des Mystères de l'ouest ou des aventures de Brisco County Jr.

Nous avons souvent eu des citations visuelles dans Warehouse 13. D'ailleurs c'est par le biais de ces dernières que j'ai découvert la série. Regardez les accessoires utilisés, notamment les créations de Datamancer

Et c'est de cette dernière que va peut-être surgir la première série steampunk sur une grande chaîne américaine...

Warehouse 13, c'est le treizième entrepôt utilisé pour la conservation des artefacts qui surgissent depuis la nuit des temps, des objets si puissants et dévastateurs qu'il faut les cacher afin qu'ils ne tombent pas dans de mauvaises mains. C'est la mission de nos héros Pete Lattimer (Eddie McClintock) et Myka Bering (Joanne Kelly). La série est familiale dans le ton, mais comporte toujours quelques moments geekiens qui emportent le morceau.

Warehouse 13Dans la dernière saison, ils ont dû affronter l'infâme H. G. Wells... qui est une femme ! Helena Wells (l'anglaise ) est la sœur de l'écrivain, qui piochait dans ses aventures les idées de ses romans. Wells avait travaillé pour l'entrepôt avant de tourner du côté obscur et d'être congelée avant de revenir se jeter dans les pattes des agents de l'entrepôt 13. (Je résume à la truelle, mais là n'est pas le propos.)

Warehouse 13 est actuellement la série qui marche le mieux sur SyFy. il est donc cohérent que la chaîne cherche à exploiter le filon, en créant une nouvelle série centrée sur le personnage de Wells. Et on retrouverait ses aventures, travaillant pour l'entrepôt 12, à la fin du XIXe siècle ! Les créateurs de la série originale, Jack Kenny et Bob Goodman, sont toujours aux manettes. Ce n'est encore que le stade du développement de la série, qui n'a d'ailleurs pas encore de titre officiel.

Néanmoins... Une série d'aventure se déroulant au XIXe avec une technologie rétro-futuriste ? Qui n'en voudrait pas ?

Qui n'en voudrait pas ?

L'accélération autour du steampunk est désormais sensible. Préparez-vous au déferlement. Il s'agit certainement d'une bonne chose, et je ne vous ferai pas l'injure de dire que je préfère que le steampunk reste dans un guettho pour pour happy few. Au contraire je pense que même s'il faudra faire le tri dans tout ce qui va nous parvenir, le bouillonnement à venir risque de donner la parole à des artistes qui vont nous faire pétiller les neurones.

LES REVENANTS DE WHITECHAPELJe termine par quelques bonnes nouvelles. Le premier volume des enquêtes extraordinaires de Newbury & Hobbes, Les revenants de Whitechapel, de Georges Starck-Mann va sortir en juin chez Eclipse. Il est traduit par Pierre-Paul Durastanti, gage de sérieux et de qualité.

En juillet sortira, toujours chez Eclipse, la suite de Boneshaker, Clementine. Le roman est très différent du premier. Nous sommes dans une course-poursuite en dirigeable à travers les États-Unis. Cela devrait vous surprendre après le presque huis-clos du premier volume. Cherie Priest a ainsi su faire évoluer sa série en explorant le monde dont nous avions finalement qu'un bref aperçu dans Boneshaker.

Steampunk BibleJe suis sinon en train de lire la Steampunk Bible de Jeff VanderMeer. L'objet est sublime, avec une couverture rigide, des images en couleurs qui illustrent presque chaque page. Un splendide écrin pour un texte de référence.

Il se trouve très facilement en France. Vous devriez l'acheter, même si vous lisez peu ou mal l'anglais : il fera honneur à votre bibliothèque !

 

http://youtu.be/oVrZE5Y2lV4
 
- Uchronies déviantes
Culture - Professeur Etienne
Écrit par Etienne   

VictoriaEclipse nous propose deux romans qui se placent dans les limites du steampunk. Ils sont, disons-le proprement, complètement barrés dans leurs sujets et ne peuvent par conséquent qu'intéresser les esprits curieux qui fréquentent ces pages.

 

Parlons donc de Abraham Lincoln, chasseur de vampires de Seth Grahame-Smith et Victoria, Reine et Tueuse de Démons de A. E. Moorat. Alors que Orgueil et préjugé et zombies de Seth Grahame-Smith avait passé à la sauce zombie le classique de Jane Austen, nous franchissons un pas supplémentaire dans le délire organisé avec ces deux textes.

 

Ces deux romans adoptent la même démarche : prendre un personnage historique, iconique et connu de tous, et révéler sa "réelle" biographie en y ajoutant tous les éléments horrifiques possibles.

 

Nous relisons donc la vie de Lincoln, et découvrons une existence totalement vouée à la destruction de la gent vampirique, nous suivons Victoria, tueuse de démon. En France nous pourrions avoir un de Gaulle exterminateur de vampires nazis, un Danton en lutte contre des zombies, etc. Vous comprenez le principe. Ce n'est même plus du mauvais genre, nous dépassons le mauvais goût, nous atteignons une forme extrême de littérature du clin d'œil.


Lincoln

L'uchronie est des plus ténues, bien sûr. Il s'agit de se glisser dans la vie du personnage et expliquer son existence d'une autre façon.


Le plaisir coupable de la lecture est de se laisser emporter par le talent de l'auteur alors qu'il sollicite à plein régime notre capacité à accepter le grotesque de son postulat de base. Dans ce cas, oui, ces romans ne sont pas pour tout le monde. Si vous êtes trop cartésien, si l'idée initiale ne vous fait pas sourire, passez votre chemin.


Humour façon gore, mœurs déviantes, action et rebondissements, nos deux auteurs connaissent leur affaire. D'ailleurs là réside la principale critique, le lecteur peut parfois avoir l'impression de voir les ficelles narratives et sentir les techniques d'écriture. Mais le rythme emporte le tout. L'humour oscille entre le grave et le délire organisé. On en sort un peu étonné et groggy d'avoir eu entre les mains de tels objets iconoclastes et surprenants.


Du steampunk, maintenant ! Surveillez vos libraires de près ! Le 22 avril va sortir la traduction française du catalogue délirant de la société Weta (oui, celle du Seigneur des anneaux !) : le Dr. Grordbort presents : Victory chez Milady (22 euros). Je pourrais vous en parler longtemps, mais je crois qu'une image vaut mieux qu'un long discours.

Allez voir :


PS.: C'est avec beaucoup de joie que j'ai appris la nomination de mon livre Steampunk ! pour le Grand Prix de l'Imaginaire 2011. Il va sans dire que cela me fait rosir de plaisir.

 
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